Camion frigorifique ou emballage réfrigérant ?

Camion frigorifique ou emballage réfrigérant ?

Quelle est la solution la plus adaptée pour expédier les produits thermosensibles dans le respect de la chaîne du froid ? Deux solutions permettent de transporter des produits de santé frais ou congelés sous température dirigée : les véhicules frigorifiques ou les emballages réfrigérants. Voici les 7 paramètres déterminants qui permettent de trancher en faveur de la meilleure solution.

1. Le circuit de distribution des médicaments

S’il s’agit d’un transport depuis le laboratoire fabricant vers le site de stockage ou de distribution (par camion complet), ou d’un transport en groupage (par véhicule complet), on utilise un véhicule frigorifique. Dans ce cas, les zones de chargement et de déchargement doivent être également réfrigérées pour éviter la rupture de la chaîne du froid.

On préfère les emballages isothermes réfrigérés par accumulateurs de froid ou par la neige carbonique (en dessous de -30°C) dans le cas des circuits logistiques comportant un transport aérien, ou si les plateformes et les zones de chargement/déchargement ne sont pas réfrigérées. 

 

2. La plage de température de conservation des produits

Pour les très basses températures (en dessous de -30°C), on utilise des caisses isothermes réfrigérées par la neige carbonique. Les produits entre +15 et +25°C nécessitent aussi des caisses réfrigérantes avec des dispositions spécifiques ou des véhicules climatisés. 

Les tolérances acceptées sur la plage de température requise peuvent être déterminantes dans le choix de la solution. En exploitant les tolérances, on peut opter pour une solution avec des excursions par rapport à la plage cible, solution plus simple donc moins coûteuse, qui peut permettre de réduire le coût d’expédition, par exemple. 

 

3. Le volume des produits à expédier 

C’est le paramètre qui a le plus d’impact sur le coût du transport à température contrôlée. Si la quantité de produits à transférer d’un point à un autre ne justifie pas la mobilisation d’un véhicule frigorifique, l’emballage réfrigérant s’impose.

Si le véhicule frigorifique est privilégié pour le transfert de produits pharmaceutiques du laboratoire fabricant vers le site de stockage ou de distribution, c’est que l’on peut y regrouper plusieurs produits thermosensibles en quantités suffisantes pour plusieurs destinations finales.

 

4. Le profil de température

Pour un profil de température comportant des segments ouverts (température non maîtrisable qui suit la température climatique) où le véhicule frigorifique ne peut pas accéder, l’emballage réfrigérant s’impose par son autonomie. Il peut être dans ce cas utilisé seul ou associé à un véhicule climatisé. 

Pour un profil de température qui comporte des segments chauds et des segments froids (à température négative), la combinaison d’un véhicule climatisé et d’un emballage réfrigérant peut être la meilleure solution.

 

5. La qualification et la validation de la solution

Il est obligatoire de qualifier les performances des moyens utilisés pour respecter la chaîne du froid, selon les normes en vigueur. Par exemple, en France la norme Afnor NF S 99-700 concerne les emballages isothermes et réfrigérants. 

En l’absence de norme de qualification des véhicules frigorifiques pour le transport des produits de santé, on se contente de l’accord ATP qui concerne les produits agroalimentaires.

Après la qualification, la solution doit être validée dans les conditions réelles d’utilisation. 

 

6. Le coût

Le coût est toujours un paramètre déterminant : si deux solutions répondent à toutes les exigences du cahier des charges, la moins chère l’emportera. Le coût de la solution correspond au coût logistique global qui intègre le prix du transport ou de la caisse et de tous les coûts engendrés par la préparation et l’utilisation (équipements, consommations énergétiques, charges des personnels…). 

Le coût de la solution dépend aussi du niveau de sécurité exigé : la marge de sécurité doit être évaluée sans exagération pour éviter les exigences inutiles qui compliquent la solution et augmentent le coût. 

 

7. L’impact sur l’environnement 

L’analyse du cycle de vie (ACV) pour le même service rendu permet de comparer l’impact sur l’environnement de chaque solution. Cette analyse intègre tous les systèmes, toutes les matières et toute l’énergie impliqués par la solution, depuis l’extraction des matières premières jusqu’au traitement en fin de vie. 

 

Les emballages réfrigérants et les véhicules frigorifiques ne sont pas obligatoirement en concurrence mais ils sont deux moyens complémentaires. Chaque solution est adaptée pour certains cas et à certaines étapes de la distribution des médicaments. La solution utilisée doit être qualifiée et nécessite des précautions et des bonnes pratiques pour garantir son efficacité.

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