Décarbonation de la chaîne du froid pharmaceutique

Décarbonation de la chaîne du froid pharmaceutique

Décarbonation de la chaîne du froid pharmaceutique : comment concilier performance environnementale et sécurité des médicaments ?

Pendant plusieurs décennies, la chaîne du froid pharmaceutique s’est construite autour de deux exigences fondamentales : garantir l’intégrité des médicaments et respecter un cadre réglementaire toujours plus exigeant.

Aujourd’hui, une troisième dimension s’impose : la durabilité.

Le défi n’est donc plus de choisir entre sécurité, conformité et performance environnementale, mais de réussir les trois simultanément.

C’est la conviction portée par Laurence Labranque, Directrice Générale de SOFRIGAM, à l’occasion de la web conférence organisée par L’Usine Nouvelle consacrée aux transformations stratégiques de la filière pharmaceutique.

Pourquoi la décarbonation est-elle devenue un enjeu majeur pour la chaîne du froid pharmaceutique ?

Parce que les produits thermosensibles ne tolèrent aucun compromis.

Chez SOFRIGAM, la priorité reste inchangée depuis plus de 45 ans : garantir l’intégrité des médicaments tout au long de leur transport.

Vaccins, biothérapies ou autres produits de santé doivent parvenir jusqu’au patient dans les conditions de température prévues.

La décarbonation ne peut donc être envisagée qu’à une condition : préserver un niveau de sécurité irréprochable.

Comment intégrer les enjeux environnementaux sans remettre en cause la performance logistique ?

Il ne s’agit pas d’opposer performance économique et performance environnementale, mais de les concilier.

Cette ambition s’inscrit dans une stratégie de croissance durable qui consiste à faire évoluer les modèles historiques vers des solutions plus sobres, tout en maintenant le même niveau d’exigence sur la qualité.

Pourquoi l’approche « Fit to purpose » constitue-t-elle un levier de décarbonation ?

Pendant de nombreuses années, les emballages étaient conçus pour répondre aux situations logistiques les plus contraignantes.

Aujourd’hui, la disponibilité des données, une meilleure visibilité des flux et le dialogue entre les différents acteurs permettent d’adapter plus précisément les solutions aux besoins réels de chaque expédition.

Cette approche, appelée « Fit to purpose », consiste à utiliser le juste produit pour le juste besoin. Elle marque une évolution profonde de la chaîne du froid : il ne s’agit plus de protéger systématiquement davantage, mais de protéger avec le niveau de performance réellement nécessaire à chaque usage.

Elle permet notamment de réduire :

  • les quantités de matières utilisées
  • le poids des emballages
  • les apports de froid lorsque les conditions logistiques sont mieux maîtrisées

Dans le transport aérien, cette réduction de masse constitue un levier direct de diminution des émissions de carbone.

Comment repenser la fin de vie des emballages ?

La réflexion ne porte pas uniquement sur le recyclage.

SOFRIGAM privilégie une approche globale de l’emballage, considéré non plus comme un objet unique mais comme un ensemble de composants pouvant suivre différentes voies de valorisation.

Le programme 3R  permet ainsi d’orienter les composants selon leur potentiel :

  • Reverse : le retour de certains composants à forte valeur pour être réemployés
  • Reuse : la réutilisation locale lorsque cela est possible
  • Recycle : le recyclage en fonction des filières disponibles

L’objectif est de transformer un futur déchet en une ressource à valeur ajoutée.

Pourquoi l’analyse du cycle de vie est-elle indispensable ?

Toute stratégie de décarbonation commence par une mesure fiable.

L’Analyse du Cycle de Vie (ACV) constitue la base de toute décision. Elle permet d’évaluer les impacts environnementaux sur l’ensemble du cycle de vie d’un emballage, selon une approche multicritère, et d’identifier les leviers d’amélioration les plus pertinents.

Car l’enjeu n’est pas seulement de réduire les émissions de CO₂. Une décision qui paraît vertueuse sur un indicateur peut parfois déplacer l’impact sur un autre. L’ACV permet précisément de comparer des solutions équivalentes sur des bases objectives et d’éclairer les décisions à partir de données plutôt que de perceptions.

Pourquoi SOFRIGAM s’engage-t-il dans le programme ACT Pas à Pas ?

Les transformations évoquées par Laurence Labranque ne relèvent pas d’une simple réflexion prospective.

Elles se traduisent déjà par des actions concrètes au sein de SOFRIGAM.

Dans cette démarche, l’entreprise participe au programme ACT Collectif, lancé par Pacte PME et CorpoKarma, en partenariat avec Sanofi, autour de la méthodologie ACT Pas à Pas développée par l’ADEME.

L’objectif est d’accompagner les PME et ETI industrielles dans la construction d’une trajectoire de décarbonation structurée, en travaillant sur cinq étapes : mesurer, définir les objectifs, identifier les leviers d’action, construire une feuille de route et déployer les actions.

Pour Laurence Labranque, cette démarche constitue également une opportunité de dialogue avec l’ensemble de la chaîne de valeur.

« Lors de la première réunion, nous avons rencontré la directrice RSE et le directeur de la communication institutionnelle de Sanofi. Ils nous ont partagé leur vision à long terme. C’est un type d’échange que l’on n’a pas au quotidien avec des acheteurs et managers de la cold chain où nos échanges sont à un horizon plus court terme. »

Cette approche collaborative rejoint pleinement la conviction portée par SOFRIGAM : la décarbonation de la chaîne du froid ne pourra se construire qu’à l’échelle de l’ensemble de la chaîne de valeur, grâce au partage des données, des retours d’expérience et des innovations.

 

Retrouvez l’intégralité de l’intervention de Laurence Labranque

▶️ Voir le replay de l’intervention

Interview_laurence_talk_usine Nouvelle-1280x450px